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Best Of 2014 : Top 10 Cinéma

Best Of 2014 : Top 10 Cinéma

71 films vus en 2014 à compter de la date de ce post. Ce qui est « bien mais pas top ». L’époque étudiante où je trouvais le temps d’en visionner plus d’une centaine chaque année est lointaine. Il y a largement de quoi fournir un Top 10 malgré tout.
Une année à mon sens fournie en très bons films, mais pas forcément en très grands films.

A noter tout de même qu’il y a quelques films qui, je pense, m’auraient plu mais que je n’ai pas eu le temps de voir : Eden, Les Combattants &Black Coal principalement.

Et comme il est toujours difficile de faire des choix, je citerai quand même ici Gone Girl, Wrong Cops, How I Live Now et Deux Jours, Une Nuit qui ne sont pas passés loin de figurer dans dans le top qui suit.

10. Under The Skin

Cette année, Scarlett Johansson aura oscillé entre l’excellence (Under The Skin, Her) et l’exécrable (Lucy). Une année contrastée donc. Mais Jonathan Glazer aura réussi à transcender son actrice. Elle phagocyte ici l’écran chaque seconde.
Quand au film en lui-même, là aussi très exigeant mais beaucoup moins expérimental et abstrait qu’il veut le laisser croire, il nous hypnotise pendant plus d’une heure et demi, avec cette histoire gravitant autour d’une extra-terrestre qui découvre progressivement ce qu’est l’humanité. Un film OVNI, dont le parallèle très imagé avec le milieu de la prostitution est saisissant.

9. Interstellar

Sûrement le film le plus attendu de l’année. Et certainement pas le plus décevant, même s’il fourmille de défauts.
Une critique plus complète est d’ores et déjà disponible sur le blog donc je ne m’attarde pas plus.

8. Winter Sleep

La Palme d’Or 2014 se justifie pleinement (même si Mommy…). Nuri Bilge Ceylan a un cinéma très exigeant, très lent et il faut parfois s’accrocher. Mais si l’on arrive à surmonter ces barrières, il est sans conteste l’un des plu grands de notre époque.

7. My Sweet Pepper Land

L’Asie mineure aura marqué cette année cinématographique, non seulement grâce à Winter Sleep, mais aussi et peut-être surtout grâce à My Sweet Pepper Land, co-production française, germanique et kurde. Aussi drôle qu’émouvant et politique, le film prend la forme d’une sorte de western moderne. Un plaisir de bout en bout.

6. The Grand Budapest Hotel

Tout Wes Anderson résumé en un film. Créativité folle, que ce soit visuellement et scénaristiquement. Casting au poil, poésie, humour,… Tout y est. Et même plus !

5. Boyhood

Richard Linklater aime les concepts particuliers. Que ce soit avec sa trilogie des « Before » (Before Sunrise, Before Sunset et Before Midnight), A Scanner Darkly et son procédé visuel encore unique aujourd’hui ou encore Fast Food Nation, il a toujours pris le contre-pied du classicisme.
Boyhood est d’ailleurs probablement ce qu’il a réalisé de plus fou. 14 ans de tournage, avec les mêmes acteurs réunis quelques semaines par an, pour suivre l’enfance et l’adolescence de Mason. Rien que pour cette prouesse, le film marquera l’année et bien plus. Mais le reste est également au niveau : le scénario est certes relativement classique mais se nourrit intelligemment de chaque époque à laquelle il a été tourné (les grandes lignes étaient connues au départ mais les détails ont été écrit au fur et à mesure) et les acteurs sont excellents, avec notamment Ethan Hawke toujours très proche de son réalisateur/ami. A voir absolument.

4. I Origins

Plus fort, encore plus beau et réussi que Another Earth il y a trois ans.
Pour en savoir plus, j’ai posté ce que je pense du film sur une autre page du blog.

3. Her

Tous les films de Spike Jonze sont attendus, même s’ils ne sont pas forcément toujours de qualité égale. Cette fois, il a probablement mis en scène son meilleur long métrage. Un film d’anticipation intelligent, un peu déprimant aussi par sa faculté à extrapoler les défauts déjà bien trop visibles de notre société vis à vis de l’utilisation des ordinateurs,téléphones et d’Internet. On croit sans peine à ce scénario pourtant à priori improbable (et oscarisé) et en même temps proche de notre époque. Niveau d’intelligence artificielle excepté, le film ne repose sur quasiment rien n’existant pas déjà et c’est ce qui fait toute sa force et sa crédibilité.
Joaquim Phoenix est lui excellent en célibataire timide et un peu dépressif. Et Scarlett Johansson n’a jamais été aussi attirante depuis Lost in Translation, sans pourtant apparaître à l’écran un seul instant.
Il sera intéressant de revoir ça dans 10-15 ans.

2. Mommy

Xavier Dolan est un réalisateur surdoué. On le sait depuis J’ai Tué Ma Mère sorti il y a 5 ans.
A seulement 25 ans, il possède une filmographie que peu de réalisateurs peuvent se targuer d’avoir. Et on se demande jusqu’où il ira. Mommy, au-delà du fait qu’il s’agit de l’un de ses meilleurs films, lui aura aussi apporté une plus grande médiatisation. « L’effet Cannes » probablement. Il reste maintenant à voir comment il utilisera sa nouvelle notoriété et si elle ne se révélera pas comme un frein pour la suite, surtout qu’il peut paraître parfois assez hautain en interview, même si c’est peut-être juste une façon maladroite d’exprimer sa passion pour le 7ème Art. Mais on ne peut qu’être confiant à la vue de ce qu’il met en scène.

1. Only Lovers Left Alive

Totalement fan de Jim Jarmusch depuis une vingtaine d’années, je ne suis pas forcément le plus objectif pour parler de lui. Pour autant j’ai eu la lucidité de voir que son précédent film, Limits Of Control, était un faux pas dans sa carrière. Pas un mauvais film, mais pas à la hauteur de sa filmographie. On pouvait dès lors se demander si le realisateur/rocker n’était pas au bout de son inspiration, s’il ne devenait pas une caricature de son propre cinéma.
Only Lovers Left Alive a fait plus que me rassurer. Je le considère quelques mois après sa sortie comme une pièce à la hauteur de ses meilleures oeuvres.
Dès ses premiers plans tournoyants et hypnotiques, le film vampirise (ahah!) le spectateur pour ne plus le lâcher, même après son générique. Ici les buveurs de sang ne sont ni monstres assoiffés, ni play-boys de bas étage. Il sont plutôt de tristes junkies, puits de science, de culture et à la fibre artistique très développée par les années mais destinée à rester éternellement cachée. Et si on envie leur infinie connaissance et le fait d’avoir pu côtoyer au cours des siècles nombre des grands noms du présent et du passé, on regrettera moins l’ennui profond qui ressort de cette si longue existence (et non du film évidemment).
Un peu comme dans Her mais sous un biais totalement différent, l’homme est ici au centre de la critique. Avec sa propension à l’auto-destruction, il est nommé par les personnages incarnés par Tom Hiddelston et Tilda Swinton comme étant des « zombies », de la même façon que le déclame Brett Easton Ellis dans ses livres. Jarmusch inverse les rôles avec brio, même si la critique peu paraître parfois un peu trop unilatérale. Quand au duo d’acteurs principal, il est parfait.

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