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[Chronique Album] This Unruly Mess I’ve Made, de Macklemore & Ryan Lewis

[Chronique Album] This Unruly Mess I’ve Made, de Macklemore & Ryan Lewis

Lorsque je découvre Macklemore & Ryan Lewis, on est en 2011 avec le titre Wing$, peut-être le meilleur de l’album The Heist sorti quelques mois plus tard. Les deux années qui suivirent furent l’objet de centaines d’écoutes de titres du duo et la saturation était finalement déjà proche lorsque Thrift Shop a commencé à faire grand bruit un peu partout dans le monde, collé de près par Can’t Hold Us. J’ai toujours cru dans le potentiel commercial du duo, mais dans la mesure où ils bossaient en indépendant, je ne pensais pas que le phénomène prendrait une telle ampleur. Tant mieux en tout cas dans la mesure où The Heist était un vrai bon album de Hip Hop teinté d’une pop ultra efficace. Je ne compte pas les titres que j’ai écouté en boucle (les titres précédemment cités, Make The Money, Thin Line, White Walls,…). Quatre ans après cet inattendu mais mérité succès à retardement, le duo de Seattle revient, auréolé de quelques Grammy Awards, avec une pression bien plus grande sur leurs épaules.

This Unruly Mess I’ve Made débute fort avec Light Tunnels, piste qui raconte la soirée de Macklemore aux Grammies. Refrain efficace, production de haut vol, lyrics très narratifs comme le rappeur sait les écrire : en somme une ouverture d’album parfaite et qui laisse présager du meilleur malgré les craintes laissées par le single Downtown, hommage aux hip hop des années 80 assez vain et peu intéressant. Et comme il s’agit du second titre de l’album, le soufflé retombe assez vite.
Et malheureusement il peine à remonter ensuite. Les titres s’enchaînent, souvent plutôt sympa au demeurant, mais il manque quasi toujours le petit plus qui transforme un titre correct ou bon en quelque chose de marquant. Quelques uns sortent tout de même un peu du lot au milieu de l’album : St. Ides et Need To Know avec l’inévitable Chance The Rapper. Suit juste après eux l’étrange Dance Off duquel surgit la voix caverneuse et hypnotique d’Idriss Elba et voit également la présence toujours appréciable d’Anderson .Paak. Je ne saurais dire si ce titre me plait ou m’insupporte. Toujours est-il qu’il fera sûrement un bon single pour les dancefloors.
Suivent trois nouveaux titres relativement oubliables puis, comme dans un dernier sursaut, l’album se clôt sur un excellent White Privilege II. Le titre parle de lui-même quand à son sujet. Macklemore s’y montre excellent, et la voix de Jamila Woods (vue l’an passé aux côtés de Chance The Rapper) est toujours envoûtante. Bref, l’album termine aussi fort qu’il a commencé, ce qui peut avoir tendance à biaiser un peu l’avis global.

D’un côté Macklemore & Ryan Lewis ont réussi à conserver le style et les qualités qui leur ont permis d’obtenir un succès que toutes les majors envient chaque semaine. Quelques titres sont aussi de vrais bons moments qui tourneront dans mes playlists de l’année 2016. Pour autant, il manque quelque chose et l’ensemble s’avère en-dessous de son prédécesseur. Il y a parfois l’impression que l’album suit un peu trop son cahier des charges en tentant de reproduire le schéma qui les a mené sur le devant de la scène. Growing Up suit les traces de Same Love, les titres où Macklemore se raconte, les singles calibrés pour les clubs… Mais il n’y a plus tout à fait la même fraîcheur.
Puis les featurings prennent trop de place cette fois. Macklemore & Ryan Lewis n’ont pas besoin de ça et sont même meilleurs seuls généralement. Alors pourquoi s’encombrer d’invités qui n’apportent finalement rien de plus ? C’était déjà un des défauts de The Heist cela dit. Et c’est d’ailleurs peut-être là le plus dommageable : This Unruly Mess I’ve Made est un album largement écoutable mais sans la moindre surprise, à la recette maîtrisée mais à laquelle on aurait omis d’ajouter de nouveaux ingrédients pour ne pas lasser. Il faudra attendre un troisième opus pour juger de leur capacité à se renouveler.

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