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[Chronique Cinéma] Bilan 1er Semestre 2016

[Chronique Cinéma] Bilan 1er Semestre 2016

Si je n’ai pas pu voir autant de films que j’aurais voulu durant cette première partie de l’année 2016, je comptabilise tout de même 22 séances. Et comme cela fait un moment que je n’ai plus posté de critique ciné ici, faute de temps, plutôt que de faire du rattrapage sur des films n’étant plus à l’affiche, je préfère écrire ce premier bilan qui devrait permettre de mixer un peu tout le monde.

Les coups de coeur

Sans doute parce que je connais bien mes goûts et que je me laisse désormais peu traîner en salles pour des films sur lesquels je n’ai que peu d’espoir, j’ai globalement apprécié la majeure partie des séances vues jusqu’ici. Je pourrais évoquer dans cette catégorie The Hateful Eight (critique par ici), The Revenant, Creed (par là pour ces deux-là) ou Midnight Special parmi les réussites. Toutefois, il n’y a que peu de films pour lesquels je peux véritablement parler de « coup de coeur« .

Le premier d’entre eux étant tout simplement le dernier film pour lequel je me suis déplacé : The Neon Demon. Je ne suis sans doute pas le plus objectif lorsqu’il s’agit de Nicolas Winding Refn. J’adhère à l’ensemble de sa filmographie, de la trilogie Pusher jusqu’au mal-aimé Only God Forgives, au point de penser qu’il est pour moi le metteur en scène le plus marquant de ces quinze dernières années.
Sa nouvelle pépite ne déroge pas à la règle, même s’il est une nouvelle fois évident que le film va diviser les foules. Et que la majeure partie du public ne sera pas du même côté que moi. Qu’importe puisqu’il semblerait que depuis le succès de Drive, Refn prend un malin plaisir à organiser son suicide commercial.
Là où Only God Forgives s’amusait à déconstruire, pour ne pas dire détruire, le travail apprécié sur Drive, « NWR » choisit ici de pousser encore plus loin l’aspect visuel, choix finalement logique pour un film qui parle et tourne quasi uniquement autour de la beauté. Il va au bout de son idée en dépouillant au maximum son scénario et ses dialogues, préférant faire passer ses messages via la forme, que ce soit par l’utilisation de symboles, de la couleur ou des jeux de miroir. Comme c’est une habitude désormais, ses personnages paraissent tous plus ou moins désincarnés et représentent finalement plus des archétypes visant à évoquer un pan de la beauté et ne fonctionnent qu’en réaction avec l’héroïne.
Un mot aussi sur l’excellente bande originale de Cliff Martinez dont le travail se marie toujours à merveille avec celui du danois (il était déjà présent sur Drive et Only God Forgives).
Une oeuvre déroutante, mais qui trotte dans ma tête depuis pas mal de jours maintenant et figurera à coup sûr dans mon Top 3 de l’année.

Je serai plus bref sur le film suivant, Le Garçon et La Bête, superbe long-métrage d’animation de Mamoru Hosoda (La Traversée du temps, Les Enfants loups, Ame & Yuki, …), aussi drôle qu’émouvant. A voir absolument et au plus vite !
Je cite aussi rapidement Saint-Amour et vous invite plutôt à lire ma critique déjà dispo sur le site.

Et je m’attarderai plutôt sur Marie Et Les Naufragés, petite curiosité française réalisée par Sébastien Betbeder et malheureusement passée inaperçue du fait d’une distribution en salles très limitée. Comédie plutôt barrée et décalée, avec sa galerie de personnages aussi improbables qu’attachants. A commencer par Marie, interprétée par l’irrésistible Vimala Pons. A chacun de ses nouveaux film, je tombe un peu plus sous le charme. Je n’oublie pas non plus Damien Chapelle, vraiment drôle dans le rôle du meilleur pote somnambule et un peu perché. Ni Eric Cantona dans un rôle d’écrivain en apparence bourru mais rempli de fragilité et d’émotions.
Et si en soi le film est déjà drôle, original et plutôt bien écrit, il est sublimé par sa bande originale composée par Sébastien Tellier. Celui-ci apporte tellement sa patte au long métrage qu’il est quasiment personnifié dans le film (période « Alliance Bleue« ) via le personnage nommé Cosmo.
Une jolie surprise donc !

Battle Of The Super Heroes

Côté blockbusters, ce début d’année fut marqué par une avalanche d’adaptations de comic book, avec pour constante de voir nos héros favoris passer plus de temps à se foutre sur la tronche entre eux plutôt qu’à s’occuper de menaces extérieures. Le premier à ouvrir le bal fut le redouté Batman v Superman : Dawn Of Justice, précédé de sa campagne promo douteuse. Sans grande surprise, et même si le film ne mérite sûrement pas les torrents de critiques qui lui sont tombées dessus, il s’agit globalement d’une déception. Si la nouvelle incarnation de Batman / Bruce Wayne est meilleure que je ne l’aurais crue et que le film contient tout de même quelques scènes marquantes (celle du « rêve » par exemple), il est globalement plombé par un scénario bien trop dense pour tenir la route et un montage clairement charcuté qui fait perdre toute force à de nombreuses séquences. L’interprétation de Jesse Eisenberg, que j’aime bien par ailleurs, et l’orientation décidée pour Lex Luthor ne m’ont vraiment pas convaincu non plus. Quand à la mise en scène de Zack Snyder, son style n’a tout simplement jamais été mon truc donc le film partait pour moi forcément avec un handicap.

L’échec critique et plus ou moins commercial (les chiffres restent quand même conséquents) de DC Comics fut suivi quelques semaines plus tard par le très attendu Captain America : Civil War chez Marvel. J’aime le Comic Book original et éprouvait donc une certaine satisfaction lors de l’annonce du film. Sans pour autant m’attendre à une adaptation en profondeur dans le sens où le « MCU » mis en place ces dernières années possède un nombre de protagonistes trop restreint pour pouvoir retranscrire toute la portée politique et le côté fichage des héros. Bien m’en a pris puisque le scénario, en plus d’être basé sur un nombre d’incohérences assez affreux (mais auxquelles je n’ai prêté attention qu’en y repensant après coup), est largement édulcoré.
Pour autant, j’étais plutôt positif en sortie de salle. On ne s’ennuie pas, c’est bien rythmé et très maîtrisé de bout en bout. Et les nouveaux personnages incorporés que sont Black Panther et l’énième tentative Spider-Man figurent parmi les réussites du film. Pas inoubliable, et pas non plus au panthéon Marvel (Gardians Of The Galaxy et le premier Avengers restent bien supérieurs), Civil War reste dans une moyenne très correcte, même si on commence tout de même à frôler l’indigestion.
(Et sinon … #teamironman)

Le véritable Civil War, il existe en fait depuis longtemps au cinéma. Les premiers X-Men ayant des thématiques finalement bien plus proches et poussées autour du sujet. Cela tombe bien puisque la franchise était également de retour le mois dernier, toujours avec Bryan Singer aux commandes. Pour situer mon appréciation de celle-ci, je peux simplement dire que X-Men 1 & 2 restent encore aujourd’hui pour moi parmi les meilleurs films du genre. Les suites ont connu fortune diverse, mais dans l’ensemble je suis plus attaché à ces personnages qu’à ceux du MCU.
Toujours est-il que quelques semaines après avoir vu X-Men : Apocalypse, c’est plutôt un constat négatif qui en ressort. Il y a bien quelques séquences sympathiques comme l’intro, le duel Apocalypse / Xavier ou la désormais indispensable scène au ralenti de Quicksilver qui est vraiment fun. Malheureusement ce que le film essaie de gagner en grandiloquence, sans forcément y parvenir d’ailleurs parce que ce n’est pas le point fort de Singer, il le perd en intérêt et fond. Le tout sonne finalement assez creux, perd son temps à vouloir mettre à tout prix en avant sa Jennifer Lawrence, à inclure Wolverine dans une scène assez piteuse et dispensable. Plus généralement le casting manque de force et de charisme.
Comme souvent avec ces bad guys supposés indestructibles, Apocalypse est assez sous-exploité, même si Oscar Isaac se démène du mieux qu’il peut sous son costume en latex.
Ce nouvel opus reste regardable, n’est pas une catastrophe comme avait pu l’être celui réalisé par Brett Rattner, mais sera certainement vite oublié. La saga X-Men commence à vraiment tourner en rond (et je ne parle pas de timeline). Il suffit de voir Magneto dont les questionnements restent les mêmes depuis 6 films. Dommage.

On pourrait donc dire qu’en 2016 la montagne a finalement accouché d’une souris. Mais c’était peut-être sans compter sur la surprise du chef : j’ai nommé Deadpool.
Si les grosses machines sus-cités ont tant déçu, c’est peut-être aussi un peu à cause de lui et du coup de pied mis dans la fourmilière balancé par Tim Miller et Ryan Reynolds. Même s’il n’était pas exempt de défauts et pêche par une histoire presque trop sage, le film amène tout de même un vent de fraîcheur très appréciable et m’a provoqué de nombreux éclats de rire. Je ne sais pas si la suite saura être à la hauteur et aller encore plus loin, mais le coup d’essai est prometteur et le personnage totalement réhabilité après sa catastrophique et insensée apparition dans le premier spin-off Wolverine.

Les déceptions

Spotlight déjà, Oscar du meilleur film, m’a laissé un goût plutôt amer. Il fait partie de ces films au propos et scénario incroyables sur le papier mais qui se voient étriqués par une production plus appliquée à remplir le cahier des charges « nécessaire » à l’obtention de la statuette suprême qu’à chercher une ambition artistique au niveau de son sujet. Tous les ans je sors agacé d’au moins une salle en début d’année pour ça, cette fois c’est tombé sur le film de Thomas McCarthy.

Le film qui suit n’est pas une déception à proprement parler dans le sens où il n’y avait strictement rien à en attendre dès les premières images parues mais je porte une telle estime à la base pour Alex Proyas (The Crow et Dark City sont parmi les films qui m’ont le plus marqué dans ma jeunesse) que je reste encore sans voix devant un tel désastre. Je n’arrive pas à comprendre comment on peut arriver à un tel fossé qualitatif avec Gods Of Egypt. En son temps, I Robot avait su rester correct et divertissant malgré une production très très pesante qui avait d’ailleurs valu au metteur en scène quelques furieuses sorties dans les médias. Le film prenait de plein fouet la mode du placement produit à tout va, que Proyas s’était d’ailleurs « amusé » à expédier dans les 10 premières minutes. Plus tard, Knowing (Prédictions) se prenait un peu les pieds dans le tapis dans sa dernière partie mais comportait des scènes visuellement assez incroyables à l’époque (ce crash d’avion !!!). Il ne reste ici plus rien de tout ça. Visuellement c’est laid, sans idée vraiment intéressante, c’est monté à la truelle au point que j’ai parfois eu l’impression que certaines scènes étaient amputées de leur début, le casting est fade. Le vide total…
Le constat est encore plus rude quand on se rappelle que sept longues années ont passé depuis son dernier film et que nombre des projets de Proyas sont tombés à l’eau. Je me rappelle notamment celui alléchant sur Vlad Tepes qui lui fut finalement retiré pour devenir plus tard un autre navet : Dracula Untold.
Le parcours d’Alex Proyas n’a de cesse d’être semé d’embûches depuis près de vingt ans maintenant. Je garde encore espoir de le voir retrouver son mojo, mais je serai bientôt l’un des seuls. A Hollywood en tout cas, plus grand monde ne doit y croire.

Je finirai ce débrief sur High-Rise, dont j’attendais beaucoup après les teasers & trailers. Vous l’aurez compris en ayant lu mon paragraphe sur le film de Nicolas Winding Refn, je suis généralement très sensible à ces films très contemplatifs, qui mettent en avant le visuel et proposent un univers particulier, décalé voire un peu malsain.
Mais cette fois ça n’a pas pris. Ben Wheatley n’est pas NWR et si le film offre son lot de plans démontrant un certain talent, je me suis rapidement ennuyé devant sa proposition souvent provocatrice pour pas grand chose. Je serais toutefois curieux de lire le roman originel parce que j’ai eu ici le sentiment d’un gros gâchis.

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