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Marathon Star Wars pré-épisode VII, Chapitre 5 : La Force est avec George

Marathon Star Wars pré-épisode VII, Chapitre 5 : La Force est avec George

L’avant-dernière étape de ce marathon est pour moi la plus compliquée à passer à l’écrit. J’aime tellement tout dans L’Empire Contre-Attaque qu’il en devient difficile de garder un esprit critique et d’en dire quelque chose de véritablement intéressant.
Je pourrais évoquer la légendaire bataille de Hoth et ses AT-AT qui n’ont pu qu’écarquiller les yeux des spectateurs de l’époque, parler de l’apparition de Yoda qui devint instantanément un des chouchous du public, du mythique rebondissement « Je suis ton père » que le cinéma a surexploité depuis ou de son OST qui voit la première apparition du thème sans doute le plus célèbre de la saga : La Marche Impériale. Tous ces points contribuent évidemment à la qualité globale de l’épisode, mais dans le fond, chacun opus de Star Wars possède ses moments, personnages et musiques qui sont restés dans les mémoires. Même les épisodes de la Prélogie. Les véritables raisons de ce succès à tout point de vue sont aussi, et peut-être surtout, à voir ailleurs.

Pendant la production de La Guerre des Etoiles premier du nom, George Lucas avait sans doute l’objectif plus ou moins secret d’étendre son récit sur plusieurs épisodes. C’est du moins ce que certains indices dans le premier film laissaient croire. Mais du fait du peu d’enthousiasme des studios pour le projet, il avait du se résoudre à assez largement édulcorer une bonne part des arcs narratifs et nous retrouvions donc devant une galerie de personnages dont la plupart au background peu poussé.
Désormais libéré de ces contraintes, le patron de LucasFilm se lâche véritablement sur son scénario et prend cette fois le temps d’approfondir son univers. Ainsi, si la mise à prix de Han Solo ne représentait dans Un Nouvel Espoir qu’un moyen de présentation de son mode de vie, il devient ici un élément presque central de l’histoire. De même la Princesse Leïa, dont l’intérêt se révélait jusqu’ici franchement limité, trouve cette fois véritablement sa place au sein de la Rebellion. Le timide Luke que l’on avait laissé après la destruction de l’Etoile Noire, on le retrouve cette fois en pilote aguerri, l’esprit tiraillé entre ses nouveaux devoirs, l’apprentissage de la Force et un caractère pas forcément le plus adapté pour y parvenir. Je n’oublie pas Darth Vader, dont le rôle au sein de l’Empire restait relativement vague avant l’Empire Contre-Attaque et se voit cette fois largement précisé et amplifié. On devine même un passé plus complexe qu’il n’y parait lorsqu’un plan nous dévoile subrepticement son crâne meurtri. Chaque protagoniste trouve sa raison d’être et sert l’histoire à sa manière.

Le film ne cherche jamais à plaire ou cibler un public en particulier. Même si le merchandising autour du film est déjà en cours de développement, il n’est pas encore question de polluer le film avec des artifices plus prétexte à vendre qu’à sublimer l’univers. Le résultat s’en trouve logiquement encore meilleur. Il se « contente » de nous offrir des scènes toujours plus spectaculaire et s’attache à surpasser en tout point ce qui avait été réalisé trois années plus tôt.
Pour se faire, il bénéfice d’un budget trois fois plus élevé et couplé à l’expérience acquise par ILM sur le premier épisode, il en ressort des effets spéciaux et décors qu impressionnent encore aujourd’hui. A de rares exceptions près (comme le Wampa sur Hoth), tout parait bien plus crédible, mieux animé et incrusté, avec un jeu d’échelle vraiment bien fichu. Les nouveaux environnements sont au diapason, comme Bespin que j’ai toujours beaucoup aimé. Et les costumes sont largement plus travaillés également.

Autre grand point fort, le film s’avère bien moins manichéen que son aîné. Si Solo a toujours été présenté comme un bandit, il n’a pour autant jamais été l’objet du moindre doute quand à sa bonté et l’aide qu’il pourrait apporter à la Rébellion. Alors qu’ici le nouveau venu Lando Calrissian parait bien plus ambiguë et moins digne de confiance. Luke Skywalker lui-même montre des premiers signes laissant penser qu’il n’a peut-être ni les épaules ni la patience pour être le héros qu’on aurait pu penser. Les membres de l’Empire ne sont pas en reste lorsque l’on lit la peur sur les visages des différents généraux et colonels qui paraissent souvent plus préoccupés pour leur survie et apeurés que ravis d’être là et concentrés sur leur objectif militaire. La frontière est mince entre la Force et son côté obscur, et le film le montre très bien.

Difficile de dire quel fut le réel apport d’Irvin Kershner sur cet épisode, d’autant que finalement ce que j’ai pu voir de lui en dehors de ce film n’a rien de fabuleux. Même si je ne peux que louer ses qualités de metteur en scène, notamment pour toute la partie action du film qui est vraiment grandiose, je pense quand même que George Lucas reste le principal instigateur du film, qu’il n’était pas encore trop préoccupé par des ambitions potentiellement néfastes pour sa saga et que ce passage de relais lui a permis de prendre un recul qui lui fut au contraire bénéfique.

Cela n’a rien d’original de considérer l’épisode V comme le meilleur Star Wars, mais il faut bien se rendre à l’évidence. Il sera bien difficile de faire mieux à l’avenir, d’égaler son niveau de mythologie et dramaturgie. Si la future trilogie des épisodes VII à IX peut se contenter de vouloir en être une suite spirituelle (et en y ajoutant la complexité politique des épisodes I à III, oui oui !), ce sera déjà gagné pour moi !

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