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Mes Classiques Vol. 1 : Kamasoundtracks – Soul’Sodium

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Mes Classiques Vol. 1 : Kamasoundtracks – Soul’Sodium

On a tous des albums ou des morceaux qui gardent une place particulière et ne vieilliront jamais dans nos têtes. Je vais tâcher, épisode par épisode, d’expliciter ceux qui ont contribué à construire et développer ma culture musicale.

Nous devons être en 2007 ou 2008 lorsque je découvre Soul’Sodium, album réalisé par un collectif de beatmakers appelé Kamasoundtracks, l’album étant en réalité paru en 2006 Il se compose de Weeda Fresh, Cyclo, Presto Loop, [email protected], Lex Appeal, Daril Coxone, Mr. Teddybear, Nota Bene et Night Marauders. Pour tout dire à l’époque je ne connais aucun d’eux, et ce qui m’a fait attiré dans le projet, c’est avant tout la présence sur les crédits du rappeur (et graffeur) Soklak. Je suis à l’époque encore traumatisé par son album « 1977« , son accent parigot et la fabuleux morceau « After ‘L’ » et c’est donc tout naturellement que je cherche à écouter le résultat ici. A l’époque, ce n’est pas une mince affaire à trouver, mais je finis par trouver une version, avant de plus tard m’offrir le CD, et cet album aura clairement une influence sur la suite de mon parcours musical.

Si je devais ne garder qu’un seul morceau, bien que cela soit compliqué ici, ce serait forcément « La Tangente » . Pour tout dire, c’est peut-être tout simplement mon morceau de rap français préféré, avec son beat signé Cyclo, composé de quelques notes de guitare qui m’obsèdent depuis, et les lyrics exceptionnels de Soklak et Iris, que je découvre alors. Plus de 10 ans que j’écoute ce titre chaque semaine sans jamais m’en lasser. Et il m’a toujours beaucoup inspiré.
Il est à noter d’ailleurs que, contrairement aux apparences, la prod n’est pas liée à un sample mais est bien une création de toute pièce signée Cyclo, devenu depuis LeKidd, faite avec l’aide de sa guitare.

Soklak, qui se fait bien trop rare malheureusement dans l’univers rap depuis, est également présent sur un autre temps fort de l’album avec le puissant « Camisole Chimique » . Mais la vraie star sur cette piste, c’est la prod de Weeda Fresh, juste folle !

Quand à Iris, il est ma révélation à l’époque. Son flow, sa technique, ses textes, tout me plaisait et me plait encore dans son rap. Lui aussi s’est fait discret par la suite, mais il faut écouter son projet en duo avec Arm, « Les Courants Forts » , sorti en 2010. Et aussi son plus récent EP « MAGNITUDE 10 » édité en 2016. J’avais d’ailleurs à cette occasion consacré un article plus complet sur le parcours de Iris.

C’est aussi via Soul’Sodium que je découvre le rennais Arm, évoqué plus haut et par extension son groupe Psykick Lyrikah. Ses parutions ne m’ont jamais quitté depuis, dès 2007, via l’album très acoustique « Acte » en collaboration avec le guitariste Olivier Mellano, puis avec son groupe et encore assez récemment via l’énorme « PSAUMES » réalisé avec le DJ et producteur Tepr. Il s’agissait alors de mon album favori de l’année 2016.

Je pourrais évoquer les rappeurs présents sur le projet un à un tant ils sont tous talentueux. Sept, Loop, … Mais il en est un pour lequel il est difficile de passer outre puisque c’est probablement le plus connu du lot : Grems était de la partie pour deux morceaux et surtout un en solo. Douze ans après la sortie, et même si on est passé depuis au HDMI, « Crise Péritel » n’a jamais été aussi d’actualité dans son ambiance et son texte.
Au moment de la création de ce morceau, on est en plein dans sa période « Rouge à Lèvres » et la même année sortira le fameux album « Airmax« .

Ce qui rend donc cet album aussi particulier pour moi, outre sa qualité intrinsèque, est principalement de m’avoir fait découvrir, hormis Soklak et Grems que je connaissais déjà, plusieurs rappeurs qui m’ont toujours accompagné depuis, ne m’ont jamais déçu et m’ont poussé encore un peu plus à chiner encore et encore à la recherche de nouveau son.
Mais Soul’Sodium m’a aussi rappelé à quel point le rap avait encore énormément de choses à offrir à la musique et qu’on était encore loin du crédo « le rap est mort » que je pouvais ressentir alors (et qui me revient cycliquement il faut bien dire). Il est au contraire un des genres les plus propices à l’innovation, à l’expérimentation et cela ne s’accompagne pas forcément d’une baisse de qualité des textes, ce qui reste mon plus gros problème avec une bonne partie de la scène actuelle.

Avant Soul’Sodium, j’avais clairement versé dans le côté alternatif du rap via des groupes comme TTC ou le Klub des Loosers. Le souci était que cela restait un plaisir très personnel, parce que je n’arrivais pas à faire aimer ça à mon entourage. Trop différent de ce qu’on écoutait plus jeune et sûrement trop en avance sur son époque. Kamasoundtracks et les rappeurs entourant le collectif ont su me ramener vers un bon compromis entre un rap qui va vers quelque chose de différent, mais en laissant à l’auditeur « classique » la possibilité de s’y raccrocher assez aisément quand même.

Je ne le découvris que plus tard, mais Weeda Fresh était déjà à l’origine du projet « The Homestretch – Bug Into The Clones » en 2002. On est ici plus dans de l’instrumental, bien qu’il y ait déjà un morceau avec Iris, mais je voulais quand même en toucher un mot à cause de « Six Millions Ways To Fly« . Voilà une instru sur laquelle j’ai toujours espéré, en vain, voir un rappeur poser des lyrics.

Le projet Soul’Sodium n’est malheureusement pas disponible sur Spotify ou Deezer. Peut-être bientôt à présent que le premier va s’ouvrir plus globalement aux indés ? La version physique est également compliquée à trouver, si ce n’est peut-être en occasion (je garde le mien !). Mais l’album reste disponible via la plateforme Bandcamp. Alors si ça vous plait, n’hésitez pas !

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