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Top Cinéma 2016

L’heure du bilan a sonné. Après quelques rattrapages de dernière minute, j’ai finalement visionné à ce jour 66 films sortis en 2016 en salle ou en VOD. Même s’il en manque sûrement encore quelques uns qui auraient peut-être pu figurer dans cet article (Comancheria, Kaili Blues, Carol et le tardif Your Name étant probablement les principaux concernés), le nombre me semble suffisant pour réfléchir à un top représentatif de mon année ciné.

Avant de me lancer le décompte, je vais tout de même citer trois longs métrage qui ne figurent pas dans mes dix choix mais méritent que je m’y attarde.

Rogue One : A Star Wars Story : un véritable petit tour de « force ». Si l’on pouvait douter de l’intérêt de ce premier spin-off lors de son annonce, Gareth Edwards et la production ont su en faire un vrai bon film, qui parvient à traduire toute l’essence de l’univers tout en trouvant un style et un ton qui le différencie des épisodes canoniques. Même s’il n’est pas exempt de défauts, notamment à cause du montage de sa première partie (et c’est peut-être ce qui le sort de mon Top), ses 45 dernières minutes forment un climax peut-être parmi les plus marquants de la saga.

Saint-Amour : plutôt que de me répéter, je vous renvoie sur la critique écrite en début d’année.

Marie et Les Naufragés : Pour ce dernier il s’agit plus d’un petit coup de cœur qu’autre chose. J’y suis allé plus intrigué par la présence de Vimala Pons à l’écran et celle de Sébastien Tellier à la B.O. qu’autre chose. Et j’en suis finalement ressorti ravi. Un film sans prétention mais dont le charme opère autant que celui de son actrice principale.

Un mot aussi sur mes 3 principales déceptions de cette année 2016 :

Suicide Squad : autant je n’avais pas de réelles attentes vis à vis de Batman v Superman, n’étant pas franchement adepte du style Snyder, autant malgré les craintes liées à son casting (Will Smith ne pouvant s’empêcher de phagocyter ses films et une version du Joker à priori peu emballante même si j’aime beaucoup Jared Leto) j’étais vraiment emballé après les deux principaux trailers. Au final, au-delà du fait que mes craintes se sont avérées justes, j’ai vu un film totalement charcuté au montage au point d’en oublier jusqu’à son propos initial (suit-on vraiment des bad guys ?), laid visuellement et sans intérêt. Tout au plus on peut sauver Harley Quinn si on veut être sympa. A se demander comment David Ayer peut encore être mandaté par Warner Bros sur le futur Gotham City Sirens

Gods Of Egypt : il ne s’agit pas là d’une déception liée au film à proprement parler dans le sens où dès les premières images on savait à quoi s’attendre, mais elle est ici plutôt liée à son metteur en scène Alex Proyas qui figure parmi mes favoris depuis The Crow en 1994 et surtout Dark City ensuite.
Certes depuis sa carrière n’a fait qu’aller en déclinant, allant de projets avortés (celui alléchant sur Vlad Tepes qui lui sera finalement retiré et deviendra des années plus tard l’affreux Dracula Untold après être passé entre plusieurs mains) à d’autres sabotés par les studios (I, Robot). Et pourtant même sur ses films les moins aboutis, on retrouvait systématiquement quelques moments de grâce dans sa mise en scène, qu’il s’agissent des plans tournoyants du final de I Robot ou des incroyables crashs de Prémonitions.
Cette fois, il n’en reste plus rien. C’est laid, sans âme, mal joué, mal monté… Un désastre.

Dans Le Noir (Lights Out) : Pour faire simple, si vous ne l’avez pas vu, préférez lui le court métrage dont le film est tiré. En moins de 3min, il pose une ambiance et un stress que le film ne parvient jamais à retranscrire.

Venons-en donc au principal !

10. Captain Fantastic
de Matt Ross

Une vraie bouffée d’oxygène, une réflexion plutôt pertinente sur les modes d’éducation et de vie de nos sociétés actuelles et plus simplement une des plus belles surprises de l’année. On pouvait craindre de se retrouver face à un film un peu bêtement moralisateur, mais il n’en est rien et on a affaire à un superbe road movie duquel tout le monde sort (forcément) grandi, y compris le spectateur.

9. Ma Vie de Courgette
de Claude Barras

J’étais loin de penser en entrant dans la salle il y a quelques semaines que ce film en stop motion figurerait aussi haut. Mais autant par sa justesse dans le propos, dans les émotions qu’il procure et dans la simplicité dont il fait preuve, Claude Barras nous offre une des œuvres les plus touchantes de l’année.

8. Room
de Lenny Abrahamson

Porté par Brie Larson qui mérite amplement son Oscar mais aussi par le jeune et bluffant Jacob Tremblay, Room est un film qui parvient à nous faire passer par toutes les émotions sans jamais les forcer. Et c’est d’autant plus appréciable que cette sincérité se fait de plus en plus rare dans les films dits « à Oscars ».

7. Premier Contact (Arrival)
de Denis Villeneuve

Denis Villeneuve s’impose de film en film comme l’un des des réalisateurs majeurs de notre époque. Sans forcément toujours faire l’unanimité, ses films, depuis Incendies, laissent rarement indifférent et impressionnent souvent dans la forme. Premier Contact ne déroge pas à la règle et s’avère être un quasi sans-faute. Magnifique à regarder, adjoignant à bon escient de nombreuses symboliques à son scénario, joliment interprété et surtout parvenant à rester cohérent jusqu’à son final pourtant difficilement concevable pour l’esprit humain, même s’il est peut-être amené de façon un peu trop facile. Premier Contact est en tout cas assurément une oeuvre de Science-Fiction majeure de cette décennie.
De quoi rassurer en attendant la suite de Blade Runner, projet véritablement très casse-gueule à venir cette année.

6. The Revenant
de Alejandro González Inárritu

Si, au contraire de ce que je disais plus haut vis à vis de Brie Larson, la performance de Leonardo Di Caprio ne figure pas forcément parmi les plus marquantes de sa carrière à mon goût, Alejandro González Inárritu mérite en revanche largement de remplir ses étagères de trophées. Le travail accompli est ici tout bonnement énorme, que ce soit au niveau purement formel ou en terme d’ambiance. 2h30 durant j’étais tout bonnement hypnotisé par ce que j’ai vu. Vivement son prochain film.

5. The Strangers
de Na Hong-Jin

Polar très noir voire un peu anxiogène, The Strangers n’en est pas moins une preuve supplémentaire que le cinéma sud-coréen est un des plus performants à l’heure actuelle. Déjà auteur du très bon The Chaser, Na Hong-jin réalise ici un film à la croisée du thriller et de l’horreur parmi les plus percutants des dernières années. Au point qu’il m’est d’ailleurs finalement assez difficile d’en parler. Mais tant mieux parce qu’il s’agit d’un film pour lequel il vaut mieux en savoir le moins possible avant de le voir.

4. Mademoiselle
de Park Chan-Wook

On reste en Corée du Sud, décidément très en verve en 2016 (j’en profite pour citer également Le Dernier Train Pour Busan qui, s’il ne figure pas dans mes choix, n’en est pas moins un bon et original film de genre), avec le dernier Park Chan-Wook. Peut-être pas le plus surprenant de sa carrière puisqu’on y retrouve finalement ses tics d’écriture et de mise en scène habituels, mais qui n’en est pas moins d’une maîtrise assez absolue, s’amusant à nous manipuler en même temps que ses protagonistes et nous faire vivre les montagnes russes entre rire, malaise et excitation.

3. Le Garçon et La Bête
de Mamoru Hosoda

C’est cette fois au Japon que se situe le film d’animation positionné en troisième place de ce classement. Réaliser un successeur du niveau de Les Enfants loups, Ame & Yuki n’étant pourtant pas un mince exploit à la base pour Mamoru Hosoda mais il s’en tire avec bien plus que les honneurs et sans redite. Aussi drôle qu’émouvant ce film est un vrai bonheur pendant 2h. Si vous ne l’avez pas encore vu, dépêchez-vous d’y remédier tout simplement.

2. Paterson
de Jim Jarmusch

Quiconque connaît réellement mes goûts et mes « idoles » du cinéma contemporain ne sera pas surpris par mes choix aux deux premières places de ce classement.
Je suis en effet un fan assez absolu de Jim Jarmusch que j’ai découvert à 13 ou 14 ans avec Dead Man. Même sans en saisir toute la substance à l’époque, j’avais été totalement fasciné par ce que j’avais vu et je n’en suis jamais vraiment revenu depuis (si ce n’est peut-être lorsque Jarmusch a sorti le décevant Limits Of Control il y a quelques années). Et dans la mesure où Paterson contient en quelque sorte un best of de tous les thèmes chers au metteur en scène… Il m’était difficile d’y résister.
Personne ne retranscrit mieux que lui la routine du quotidien et cette forme de solitude ni vraiment triste ni vraiment heureuse qu’il insuffle à ses personnages me parle énormément.
Désignant à la fois le prénom de son personnage principal, le nom de la ville dans laquelle l’action se situe et l’oeuvre principale de l’auteur William Carlos Willams, Paterson est une véritable ode à la poésie qui rebutera peut-être certains spectateurs ne supportant qu’on leur montre le quotidien de façon aussi crue et simple mais ravira sans doute les amateurs du réalisateur.

1. The Neon Demon
de Nicolas Winding Refn

Affiche de The Neon Demon

Si le style est quasi totalement opposé, le constat est finalement ici un peu le même qu’avec Paterson. Nicolas Winding Refn, on aime ou on déteste (si l’on excepte peut-être Drive qui fait la quasi unanimité et semble finalement plus être un « accident de parcours » qu’il tente à tout prix de noyer dans une sorte de suicide commercial depuis). Mais il est pour moi probablement le mec le plus talentueux évoluant à Hollywood aujourd’hui. Ses films sont avant tout de gigantesques expériences sensorielles, allant toujours plus loin dans l’abstraction, usant à foison de symboliques dans la forme comme dans le fond pour justifier son propos plutôt que de se reposer sur des rebondissements classiques. Et que dire de l’aspect visuel incroyablement parfait ? Logique ceci dit pour un film qui parle avant tout de la beauté au sens large, de ses bienfaits mais aussi du mal qu’il peut parfois engendrer, chaque personnage secondaire gravitant autour de Jesse (Elle Fanning) représentant ici une sorte de cliché lié à ces dangers.
Je comprends tout à fait que l’on puisse rester hermétique à The Neon Demon, tout comme à Only God Forgives qui l’a précédé il y a trois ans. Je n’ai même plus vraiment envie de lutter pour essayer de le faire comprendre parce que ça me parait finalement impossible, le cinéma de Nicolas Winding Refn se jugeant plus par un ressenti que par une liste de critères cinématographiques.

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