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[Critique Album] Bleeds, de Roots Manuva

[Critique Album] Bleeds, de Roots Manuva

Il y a quatorze ans déjà, je découvrais Roots Manuva par l’intermédiaire d’un titre que j’écoute encore régulièrement aujourd’hui et qui figure dans mon panthéon des titres Hip Hop : Dreamy Days et son formidable sample. Plus globalement, l’album Run Come Save Me était de haute volée et certains singles, notamment Witness (01 Hope), avaient propulsé, dans une certaine mesure, l’artiste anglais sur le devant de la scène internationale.
Après ça, les albums ont passé durant dix ans, oscillant entre le moyen et le sympathique, contenant quelques coups d’éclat (Let The Spirit) mais sans non plus se révéler comme de franches réussites. Puis vint le silence quasi complet durant plusieurs années (hormis deux ou trois EPs) avant la sortie de Bleeds en ce doux mois d’octobre 2015.

Neuvième parution studio du londonien, elle fut toutefois précédée de quelques semaines par un court EP annonciateur de deux titres dont un se retrouve dans la tracklist ici. Trêve de suspens superflu vu la note, il s’agit là à mon sens d’un des tous meilleurs opus qu’il ait sorti, même s’il n’atteint peut-être pas Run Come Save Me.
Le flow particulier de Roots Manuva, mêlant hip hop et influences jamaïcaines, est toujours aussi plaisant et lui apporte une touche différente.

Mais la réussite de cet album tient aussi pour beaucoup au choix des productions. Les reconnus Four Tet, Switch ou Adrian Sherwood mais aussi le beatmaker dénommé Fred offrent à Rodney Smith (de son vrai nom) un terrain de jeu à sa mesure, aux mélodies souvent sombres mais malgré tout accrocheuses. Les styles sont variés: on passe des sonorités Hip Hop actuelles (limite tendance « Trap ») à la Dub et l’Electro sans discontinuer ni perdre en homogénéité sur l’ensemble.,Il m’est à la fin difficile d’écarter certaines titres, si ce n’est peut-être le single One Thing à la limite. En revanche les coups de coeur sont nombreux : Hard Bastards qui ouvre l’album et nous plonge d’emblée dans son ambiance torturée, Facety 2:11 avec son beat electronique, l’entêtante prod de Don’t Breathe Out, Fighting For? dans lequel Manuva pousse la chansonnette, sans oublier le mélancolique et inquiétant Cargo. Tous ont retenu mon attention dès la toute première écoute, chose assez rare pour moi. Et j’y reviens depuis quelques jours sans cesse.

Content de retrouver un album aussi plein de la part de Roots Manuva, en espérant qu’il n’y aura cette fois pas besoin de quatre longues années avant de le voir revenir avec des inédits. Cela dit, s’il faut ça pour que la suite soit du même niveau, j’attendrai sans broncher.

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