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Retour sur l’édition 2018 de Rock En Seine

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Retour sur l’édition 2018 de Rock En Seine

Avec sa baisse de fréquentation constatée les deux premiers jours et la concurrence frontale plutôt dommageable du Summer Jam Festival, l’édition 2018 de Rock En Seine fait parfois moins parler pour son contenu que pour son organisation. Ayant eu l’occasion d’écumer les travées du Domaine National de Saint-Cloud durant trois jours, voici donc un « petit » bilan de cette sympathique mais éprouvante épopée et de sa programmation significativement plus orientée vers le Hip Hop qu’à l’accoutumée.

S’il ne fallait en garder qu’un…

Ce serait sans doute le live d’Otzeki, duo londonien héritier de Radiohead et The-XX. Même si le groupe est encore assez jeune, ils se sont révélés déjà plus que bien rodés sur la scène de l’Industrie qui les accueillait dimanche en milieu d’après-midi. La voix de Mike Sharp, puissante et hypnotique, lui confère un vrai charisme scénique. Et leur version live de « True Love » restera probablement mon grand temps fort de ce Rock En Seine. Si j’appréciais déjà bien leur travaux et notamment le récent album « Binary Childhood », l’ensemble prend vraiment une toute autre ampleur sur scène. Nul doute qu’on les reverra à l’avenir sur une scène plus grande, à Rock En Seine ou ailleurs. Je sais en tout cas que le 5 décembre prochain, je serai dans la fosse de la Maroquinerie pour leur prochain concert parisien.

Eux aussi ont marqué cette édition

Vendredi, Die Antwoord aurait peut-être mérité la place de tête d’affiche principale. Un sacré show pour de sacrés performeurs. Je ne les avais jamais vu en live auparavant, l’erreur est désormais réparée et je les reverrai sûrement également. Même sans adhérer à 100% musicalement à ce qu’ils font, difficile de ne pas se laisser posséder par la folie de leur show haut en couleur après quelques minutes à se demander où l’on se trouve. En un sens, Ninja et Yo-landi Vi$$er sont un petit festival à eux seuls.

L’autre moment fort pour moi fut l’occasion d’enfin voir Black Star dérouler leur répertoire face à moi. Talib Kweli et Mos Def (ou Yasiin Bey) ayant bercé mon adolescence et faisant partie de ceux qui m’ont fait vraiment aimer le rap, l’attente était nécessairement forte mais le risque de voir deux anciens sur le déclin ou un peu dépassés était à craindre. Il n’en est rien, même si le show fut un peu entaché par la montée sur scène d’un spectateur probablement un peu trop éméché et d’un début de baston dans la foule, ce qui poussa Mos Def a stopper un instant le show pour un petit recadrage efficace, et avec humour. C’était un show vivant, le band avec ses cuivres était bon et la voix et la facilité du flow de Mos Def impressionnent. Nous avons même eu droit au titre « Auditorium » issu de The Ecstatic et son indémodable sample. Que demander de plus ?

Au rayon des bonnes surprises, je note aussi la prestation du duo HAUTE, dont nous avions déjà parlé sur le site à l’occasion de leur passage chez Colors il y a quelques mois. Un show simple, sans fioritures mais plutôt classe et réussi. La jolie voix d’Anna Majidson colle idéalement aux mélodies synthétiques produites son binôme Blasé, les inédits étaient plaisants et je fus agréablement surpris de voir le public bien connaître le premier single « Shut Me Down« . Vraiment prometteur pour la suite de leur carrière. Content d’ailleurs pour eux qu’ils aient été programmés dimanche, jour où l’affluence était de loin à son maximum.

Côté rap français, la palme revient sans conteste à Lord Esperanza avec une prestation pleine d’énergie, adaptée à un public de festival et cohérente en ce sens dans le choix de ses morceaux. Si musicalement je trouve que le parisien se cherche encore un peu (un coup on pense à l’Eurotrap de Vald et le morceau d’après on se retrouve devant un mimétisme vocal assez saisissant de Lomepal par exemple), il fait montre d’une vraie présence sur scène et a bien su chauffer le public, chose d’autant moins évidente qu’il ouvrait le bal dimanche en début d’après-midi.

Merci aussi aux sympathiques Parcels (hyper souriants et abordables en backstage le vendredi après-midi) pour leur prestation vraiment impeccable pour le début de soirée !

D’autres ont déçu

Lorsque j’ai découvert au début de la décennie Macklemore & Ryan Lewis, bien avant que « Thrift Shop » devienne le hit qui les entraînera vers le succès qu’on leur connait aujourd’hui, j’y voyais une belle bouffée d’air frais. Une fusion bien dosée entre Hip Hop et Pop, et c’était un vrai plaisir de voir deux artistes indépendants gravir un à un les échelons du succès, passant chez nous en quelques mois de la petite salle de La Maroquinerie à Paris à son Zénith puis aujourd’hui parvenir à remplir sans souci la pelouse de la grande scène de Rock en Seine. Rien à redire sur les qualités de showman de Macklemore, il a toujours été bon et se donne sans compter. Le problème vient plutôt à la fois de la tonalité devenue progressivement bien trop niaise à mon goût, de la scénographie plus clownesque qu’autre chose (le costume de Willy Wonka et celui du morceau « Dance Off » étaient-ils vraiment nécessaires ?) et plus globalement de la baisse qualitative de sa discographie depuis que Ryan Lewis n’est plus là. Globalement, le public avait l’air satisfait. Pour ma part, je fus rapidement lassé et ne suis finalement pas allé jusqu’au bout.

J’ai également eu un sentiment très mitigé de la prestation de Josman, pourtant visiblement appréciée chez certains médias. Certes il est encore jeune et donc largement perfectible mais il manquait pas mal de choses pour me convaincre. C’était globalement assez mou, la voix de Josman trop souvent suppléée par la bande studio sur les refrains (flagrant sur « Dans Le Ciel » par exemple). Heureusement que Slimka et Di-Meh sont venus dynamiser l’ensemble à mi-parcours. J’ai également quitté son set avant la fin pour me diriger vers la scène où Noname se produisait en simultané. Trop tard malheureusement pour émettre un avis sur son cas, n’ayant pu voir que le dernier titre.

Toujours dans le registre hip hop, la prestation de PLK fait aussi partie des moins marquantes du festival. Ni bon ni mauvais, tout au plus assez commune et avec une gestion un peu étrange des lumières. Dommage mais il reste un bon potentiel pour le futur de la scène francophone.

L’ambivalence PNL

Pour commencer, il faut savoir que j’ai toujours eu du mal à adhérer au projet PNL. Je comprend totalement l’engouement qui les entoure depuis leur tout premier morceau et reconnait largement qu’ils apportent quelque chose de neuf dans le paysage musical français voire Hip Hop dans sa globalité. Ils ont développé en peu de temps un univers en un certain sens assez facinant à analyser. Mais ce n’est juste pas mon style, à quelques rares exceptions. Ceci dit j’accroche bien à leur dernier single en date « 91’s », même s’il est un peu plus facile que ce qu’ils faisaient précédemment. Quand je l’écoute, tous les jours en ce moment, j’ai de suite envie comme eux de ce petit « cocktail frais, avec le petit parasol ». Donc l’espoir reste permis pour leur album à venir sous peu.

Il y avait donc pas mal de chances que je reste hermétique au spectacle et en un sens, ils n’ont pas été très aidants. Le côté ultra poseur et pilote automatique de leur prestation faisait parfois un peu peur, notamment quand N.O.S. demande machinalement à allumer les lumières de la salle comme s’ils étaient encore à Bercy avant de se rendre compte de leur erreur. Tout ça manquait assez cruellement de naturel et ce ne sont pas les risibles faux applaudissements lancés à la va-vite qui prouveront le contraire. Pas trop compris l’intérêt à vrai dire. Ils furent aussi quasiment les seuls en 3 jours à démarrer très en retard. Bref, ils ont beaucoup d’axes d’amélioration pour eux.

Mais pour autant je n’ai pas passé un mauvais moment du tout. J’ai même paradoxalement réussi à apprécier certains sons qui me laissaient jusque là un peu de marbre comme le récent « A L’Ammoniaque » qui m’a plus séduit en live que dans sa version studio. Et il faut reconnaître aussi la véritable ambition visuelle tout au long du show. C’est très travaillé et en adéquation parfaite avec l’atmosphère qu’ils créent dans leur musique.

Une prestation peu évidente à juger en définitive. Bourrée de défaut, ridicule sur quelques aspects, mais vraiment prenante et intriguante en même temps. Le plus intéressant chez PNL reste pour moi le développement d’un univers qui leur est propre et de leur savoir-faire pour poser l’ambiance qui en découle.

Le reste en bref

Durant la dernière soirée très chargée en têtes d’affiche, Post Malone a offert une prestation tout à fait honorable. J’aurais préféré le voir entouré par un vrai groupe plutôt que par une bande audio et la parenthèse « émotion » en guitare-voix m’a paru un peu longuette, mais c’était globalement plutôt bien fichu et maîtrisé. Liam Gallagher la veille avait fait ce qu’on attendait de lui, ni plus ni moins. Un mix de ses solos et de tubes d’Oasis, le tout avec la dose de provoc’ inhérente au personnage.

Samedi toujours, le groupe Cigarettes After Sex a produit un spectacle carré mais presque trop homogène, dépressif et répétitif pour être apprécié dans ce contexte festif. J’étais un peu proche de l’ennui sur la fin. Fort heureusement le sympathique et prometteur rappeur anglais Octavian (et son compère saxophoniste) nous a un peu réveillé ensuite. Vingt-quatre heures plus tôt, c’était sa compatriote Stefflon Don qui s’était chargée de le faire avec la même réussite. Rien d’inoubliable mais sympa !

Enfin, nous n’avons vu qu’une courte partie du bouquet final orchestré par Justice, préférant retourner dans le village backstage pour préparer un long after. Non pas que le live était mauvais, bien au contraire, mais nous l’avions déjà vu à l’identique ou presque à Bercy il y a quelques mois. Pas tellement d’intérêt à le revoir si vite. Nous avons aussi fait l’impasse samedi sur le show christique de Jared Leto et son groupe Thirty Seconds To Mars.

Comme toujours en festival, il est de toute façon impossible de tout voir entre les programmations parallèles et pauses bien méritées pour les pieds. Exit donc pour cette fois Charlotte Gainsbourg, Carpenter Brut, MNNQNS ou encore Bonobo. Ce sera pour la prochaine fois !

Et pour clore ce reporting, un petit mot sur l’excellent podcast NoFun, présent pour trois enregistrements en direct et en public dans le cadre de leur Summer Tour. Bravo à toute l’équipe pour vos émissions toujours aussi cool qu’intéressantes à suivre. Et ce fut un plaisir pour moi d’avoir pu un peu côtoyé tout ce petit monde en fil rouge de ce weekend avec mon compère DJ Tik (merci pour l’invit’ !) qui couvrait le festival pour Urban Hit. Si l’occasion se présente de vous croiser à nouveau, je tâcherai d’être un peu plus loquace ! Il y a toujours tant à dire sur la musique.

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