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C’est Déjà Demain : Kalika

9 octobre 2021

Il y a déjà cinq ans, en 2016, avait lieu la toute dernière version de La Nouvelle Star, dont on se souvient malheureusement plus pour la fameuse baffe de Joey Starr, juré de la saison, que pour son contenu.
Pourtant, et même si à l’époque elle fut vaincu en finale, une artiste sortait déjà réellement du lot : l’avignonnaise Mia Rosello, qui avait largement marqué la saison, notamment par son interprétation impeccable de Jalouse de Mademoiselle K, pourtant un peu trop souvent repris dans ce genre de programmes.

Peut-être était-il encore trop tôt pour l’explosion artistique et médiatique, pour celle qui passait alors tout juste son bac. En revisionnant ses prestations de l’époque, on sent d’ailleurs un peu ce côté diamant brut restant encore à polir, capable de toucher du doigt le ravissement comme de flancher un court instant derrière. Il est aussi clair que la voix de Mia me semblait plus tranchante dès lors qu’on lui confiait des chansons en français.

Sans compter que face au coup de projecteur rapide et intense amené par Nouvelle Star et ses équivalents passés et futurs, l’euphorie peut vite s’avérer éphémère si derrière le talent d’interprétation ne découle pas celui de composition, de l’écriture ou qu’il n’inspire pas suffisamment d’autres à les aider à développer leur propre univers.
Savoir et pouvoir passer de la reprise de standards musicaux à la réussite avec des morceaux plus personnels n’a rien d’une certitude, surtout quand les spectateurs et observateurs ne te découvrent que par ce prisme.

Mais Mia a su prendre le temps de l’évolution voire de la métamorphose, non sans jamais quitter la musique puisqu’elle intégra les années qui suivirent plusieurs écoles artistiques pour peaufiner son talent, commença aussi à écrire et composer, continua avec réussite à publier quelques covers sur le web et fit quelques scènes qu’on imagine prometteuses puisque cela a fini par payer et lui amener de belles rencontres. A commencer par Balthazar Picard, omniprésent depuis leur rencontre en école, que ce soit sur scène ou dans la conception de son premier projet actuellement.

Et la scène parlons-en puisque l’envie d’initier cet article et de mettre en avant le talent de celle que l’on nomme désormais Kalika fait suite à sa prestation en première partie de Yelle tout récemment à Paris, durant laquelle il m’apparut comme une évidence que l’on allait beaucoup entendre parler d’elle et sa musique dans les mois à venir, sans me rendre compte sur le moment qu’il s’agissait de la même personne que j’avais apprécié quelques années auparavant en télé-crochet.

Tout était là devant mes yeux ce jeudi 30 octobre 2021 : pendant la demi-heure qui lui était accordée, Kalika a surchauffé une Cigale déjà bien remplie avec son live plein d’énergie, surprenant et audacieux dans ses envolées Pop un peu trash, flirtant avec une techno cathartique par instant non sans certains accents plus Hip Hop dans l’intention. Et Mia impressionnait aussi par sa présence sur une scène pourtant d’envergure à Paris.

Je venais évidemment pour Yelle au départ (Kalika a plus tôt dans l’année cité Julie Budet comme une inspiration en interview), et le concert dans l’ensemble fut un vrai bon moment. Pour autant je sais que de ce soir précis, c’est de Kalika (et Balthazar) dont je me souviendrai le plus. Et il est vrai aussi que j’ai depuis du mal à décrocher de ses morceaux sur Spotify.

Parce que le talent de Kalika ne se résume pas à la scène, mais aussi dans l’originalité de son style mêlant la chanson française à l’ancienne à des sonorités ancrées dans notre époque. Et ses paroles, souvent crues et incisives, se voient jusqu’ici toujours bien mises en valeur en studio. Bien aidée on l’imagine par la présence à la production de rien de moins que Dan Levy, probablement un des artistes les passionnant à suivre de l’hexagone, qu’il agisse en tant que moitié de The Dø, avance masqué sous l’alias S+C+A+R+R, à la composition de bandes originales pour le Cinéma ou encore œuvrant à la production pour Las Aves, Jeanne Added et bien d’autres.

Qu’il s’agisse de son dernier single en date “Chaudasse“, de l’entêtant “L’été est mort“, “Avec les gars” et même des titres disponibles uniquement via des lives Youtube, chaque single sorti depuis un an démontre un peu plus que Kalika s’est trouvée. Elle a sa singularité, autant musicale que vestimentaire ou dans l’attitude, une direction artistique au point (elle co-réalise d’ailleurs le dernier clip “Chaudasse”) et a pris une certaine assurance qui ne fait que mettre en exergue un charisme déjà rayonnant naturellement. Bref, je vois mal aujourd’hui ce qui pourrait freiner son ascension.

Il y a quelques mois, Kalika a rejoint le prestigieux label Cinq 7 chez Wagram. Elle continue de se roder sur scène en enchaînant les premières parties importantes (Yelle donc, mais aussi Suzanne, Thérapie Taxi, etc…) lui permettant aussi de se faire plus largement connaître en attendant la sortie de son premier véritable projet, à priori un EP sur lequel on pourrait potentiellement voir un ou deux invités dont la désormais inévitable Joanna. Et au vu des inédits qu’elle fait découvrir sur scène en ce moment, il s’annonce au moins aussi réussi que ce que l’on a déjà pu écouter.

Mais tout ça, on en reparlera le temps venu. D’ici là, vous pouvez évidemment quelques uns de ses singles sur notre Webradio 100% musicale.

Je signale aussi que Kalika sera cette fois la tête d’affiche les 3 et février 2022 à La Boule Noire à Paris.

En bonus pour conclure et puisque l’on arrive bientôt en période d’Halloween, retrouvons Kalika et Balthazar dans ce petit court horrifique posté l’an dernier sur la chaîne Youtube officielle.


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